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Le discours de l’ouvrage ne se veut ni celui d’une cassandre, ni celui d’un pangloss, comme aime à le rappeler Yannick Monget. il explique simplement des menaces bien réelles, mais refuse d’occulter les solutions qui existent, mettant en scène des avenirs allant à l’encontre totale des visions trop souvent pessimistes qui se cantonnent habituellement uniquement aux pires scenarios.
Beaucoup plus engagé que «Demain, la terre» chaque peinture de l’ouvrage délivre un message, parfois éthique comme cette critique de la chasse à la baleine pratiquée encore par le Japon (Photo ci-dessus), ou politique, avec cette vision des champs de bataille irakiens abandonnés ou puits de pétrole et épaves de véhicules blindés disparaissent progressivement sous une végétation qui recouvre le désert.
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Découvrez en exclusivité ci-après un extrait de l’introduction de l’ouvrage, présentant à la fois le livre, son contenu mais également les raisons ayant poussées à sa réalisation et les sujets abordés.
Paris, 29 janvier 2007. Le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) se réunissait au siège de l’Unesco afin de publier le premier chapitre de son quatrième rapport sur l’état climatique de la planète. Cinq cent cinquante-deux chercheurs de toutes nationalités participèrent à sa rédaction les quatre années précédant sa publication, prenant en compte plus de 30 000 contributions à travers le monde. [...]
Loin de tempérer les conclusions des précédents rapports, celui-ci allait dévoiler une situation climatique inquiétante, avec de nouvelles fourchettes d’estimations de l’augmentation des températures terrestres allant de + 1,8 °C à + 4 °C pour la fin du siècle. Ces valeurs étant des moyennes, cela signifiait que les variations pouvaient même atteindre les + 6,4 °C en 2 100. [...] Si avec 5 degrés de moins nous remontions à la dernière ère glaciaire… vers où nous dirigerions-nous avec 5 degrés supplémentaires ? Pour un paléontologue, cela signifiait ni plus ni moins un acheminement vers… un changement d’ère.
Une nécessaire insurrection des consciences
Il nous faut toutefois éviter tout abattement et toute résignation. Loin d’être constructifs, ils nous poussent à baisser les bras avant même d’essayer de changer ce sombre destin, confondant probabilité avec inéluctabilité. Une nuance essentielle, car elle reflète l’existence d’une marge de manoeuvre pouvant encore nous permettre d’éviter le pire. [...]
Voilà [...] cent soixante mille ans que les premiers représentants de l’homme moderne sont apparus sur Terre. Si cela peut paraître peu de choses en comparaison avec l’ancienneté de certaines espèces, que de rêves a priori irréalisables, que de découvertes a priori improbables, que d’avancées a priori inespérées avons-nous pourtant déjà réalisés ! L’évolution du cerveau humain, summum de la complexité du vivant, nous aura en effet conduits à faire naître quantité de civilisations toutes plus incroyables les unes que les autres. De la maîtrise du feu à celle de l’atome, de l’édification des mégalithes de Stonehenge à celle des gratteciel de Manhattan, en passant par la réalisation des pyramides du plateau de Gizeh, des palais de Saint-Pétersbourg ou de la Cité interdite de Chine ; des oeuvres de Mozart, aux compositions de John Williams ; des peintures rupestres des grottes de Lascaux à celles de Michel-Ange, des projections d’Auguste et Louis Lumière aux films de Hitchcock et de Spielberg ; de l’abolition de l’esclavage à l’élection de Barak Obama ; des théories et découvertes de Pline l’Ancien, Copernic, Galilée, Newton à celles de Darwin et d’Einstein ; des expéditions de Colomb au petit pas d’Armstrong ; des mythiques Odyssée et Iliade d’Homère à l’avantgardiste Guerre des étoiles de Lucas ; de la découverte des continents à celle des planètes extrasolaires : autant de choses qui aujourd’hui seraient menacées de disparition ou d’oubli si Homo sapiens venait à s’éteindre. Avec le risque plus que probable que cette disparition aurait d’entraîner dans son sillage celle de milliers d’autres espèces.
Tel un coureur ayant négligé de nouer ses lacets au départ de sa course, notre passé semble nous rattraper dans la toute dernière ligne droite, menaçant de nous faire chuter à quelques pas seulement de cette symbolique barrière qu’est la colonisation spatiale qui paradoxalement nous prémunirait sans doute de façon définitive de toute menace d’extinction.
De ce constat naît un autre type de comportement… responsable, cette fois-ci. Une fois représenté ce qu’impliquerait notre disparition, il devient impossible de demeurer impassible. Ne « rien faire » reviendrait à « cautionner ».
Comprendre la crise en cours
Avant de combattre un ennemi, qui plus est aussi sournois que peuvent l’être les forces climatiques, il est nécessaire de le connaître. C’est l’objectif de cet ouvrage : essayer de faire comprendre les menaces et leur impact probable sur nos sociétés, les mécanismes que nous avons mis en place, les emballements qui risquent de se produire, tout en offrant des solutions concrètes abordables et réalisables par tous.
D’une telle compréhension pourra naître la mise en oeuvre de stratégies adaptées, permettant de lutter efficacement contre la dégradation de notre environnement.
Cet ouvrage vous proposera de découvrir plusieurs des principaux avenirs qui se dessinent pour nous, en se gardant bien évidemment de conclusions définitives. Cela n’est cependant pas en contradiction avec le fait que de grandes tendances puissent se dégager des observations, comme autant d’indices sur ce que l’avenir devrait nous réserver. Les projections du GIEC réalisées en 1990 et qui prévoyaient un accroissement de 0,15 à 0,3 °C des températures mondiales par décennie entre 1990 et 2005 ont été ainsi confirmées par une augmentation de 0,2 °C dans la réalité, renforçant la confiance dans les modélisations à court terme.
Changer de cap
De nombreuses catastrophes surviendront, et les mettre en images semble le meilleur moyen d’informer le plus grand nombre, choquant, dérangeant ceux qui n’imaginaient pas une situation si grave afin de les amener à s’interroger, à se renseigner pour finalement comprendre le phénomène en cours. Mais ces explications ne suffisent pas et doivent être complétées par des images et des informations a contrario positives : il s’agit donc d’expliquer les menaces, et de proposer un avenir plus positif. Victimes du syndrome du Titanic, nous naviguons droit vers un champ d’icebergs, dans un mirage de toute puissance. Certes, nous allons probablement en percuter, mais nous en sommes encore à un stade où nous pouvons manoeuvrer pour éviter le pire. Cette marge de manoeuvre existe et nous devons absolument saisir cette opportunité.
YANNICK MONGET
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